Tutorat – Patients pénibles et demandes abusives

Trace en rapport avec la séance de tutorat du 17 mars 2016 sur les patients difficiles

Nous rencontrons tous régulièrement des patients que nous jugeons comme difficiles. Lorsque l’on parle de patient difficile, il ne s’agit pas du problème médical qui est difficile à gérer, mais de la relation médecin-patient.

Nous avons commencé par raconter quelques situations récentes. L’exemple le plus fréquent qui est revenu est celui d’une femme d’une trentaine d’année, qui consulte pour un motif vague et dont on comprend rapidement que le motif principal est d’obtenir un arrêt de travail à la fin de la consultation.
Ce genre de situation, assez fréquente, a tendance à énerver classiquement la plupart des internes. Nous avons essayé d’aller un peu plus loin dans la discussion et de savoir pourquoi cette dame nous énervait ? Pourquoi est-ce que cela nous gonfle au plus au point de lui prescrire un arrêt alors qu’elle a mal au dos et que, moi aussi ? Que son travail la fatigue alors qu’elle bosse au 35h et que moi je fais le double ?

Les patients difficiles nous rapportent tous à notre propre situation et notre propre vécu personnel, notre histoire. D’ailleurs, chaque médecin a ses propres patients pénibles. Tel médecin va détester les dépressifs fibromyalgiques alors que tel autre médecin va adorer les prendre en charge mais au contraire ne pas supporter tel autre type de patient.
Nous avons conclu par deux grands principes. Le premier, c’est que pour tout malade que l’on juge difficile, nous met en échec, il faut se poser la question de pourquoi c’est le cas ? N’y a t-il pas derrière cette demande abusive d’arrêt de travail un motif caché de consultation ? Par exemple une violence au travail qui l’oblige a supplier son médecin régulièrement de la mettre en arrêt ? Le deuxième principe c’est de parler de ces patients avec d’autres médecins pour avoir un regard objectif et sortir de sa propre histoire.